[Presse] La Vie en parle

Le Jesus Festival fait se rencontrer tous les chrétiens

Pour cette quatrième édition, plus de 5 200 personnes, d’âges, d’origines sociales et de confessions chrétiennes différentes, se sont réunies pendant trois jours à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) pour assister à des concerts de musique chrétienne.
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Les puissantes basses résonnent dans la nuit de ce vendredi 22 août 2025 dans le parc du Moulin-Liron à Paray-le-Monial, en Bourgogne. « Qui est prêt à bouger pour Jésus ? », s’époumone Tendry, artiste de rap chrétien, devant un public conquis qui enchaîne les pas de danse. Le chanteur fait signe à ses musiciens, ils vont interpréter leur chanson la plus connue, inspirée d’un verset de la Bible, aux 400 000 écoutes sur Spotify : « Dieu a tant aimé le monde », commencent-ils. « Qu’il a donné son fils unique », répond en chœur la foule.

Si les paroles n’étaient pas religieuses, on pourrait se croire à n’importe quel concert de rap avec des artistes connus, sur une scène estivale. Pourtant, ce spectacle est d’un genre nouveau. Inspiré du Big Church Festival, qui réunit chaque année plus de 35 000 personnes dans le sud de l’Angleterre, le Jesus Festival rassemble plus de 5 000 chrétiens, de tous mouvements et toutes chapelles.

À l’origine, deux amis, David Nolent et Louis-Étienne de Labarthe. L’un est évangélique, l’autre catholique, et ils ont fait ensemble le pari de réunir pendant trois jours des chrétiens de toutes confessions autour de la musique chrétienne et de la figure du Christ. Ici, pas de code vestimentaire à respecter, pas de thème de retraite, pas d’enseignements, pas de pasteurs ni de clercs en position d’autorité : seulement des musiciens qui clament leur foi.

Profils et styles variés

À la buvette, lors des déjeuners ou sur la prairie à l’ombre d’un platane, le tout sur fond musical, se croise donc un public hétéroclite, qui détonne même avec les habitués des sessions de Paray-le-Monial. Les festivaliers ont entre quelques mois et plus de 70 ans et sont originaires de toute la France.

Coiffée avec deux grandes nattes et tatouée sur tout le corps, Sandra assiste à son troisième Jesus Festival. « Ce que j’adore ici, c’est l’ambiance lors des concerts », soutient la femme de 37 ans. Si elle n’est pas « très croyante », elle apprécie le style musical de cet événement pas tout à fait comme les autres. « Ça change des chants qu’on entendait au catéchisme, ça parle de la vraie vie ! »

Quelques mètres plus loin, devant le Photomaton installé pour l’occasion, une chorale improvisée entonne un gospel. Ses membres, âgés de 11 à 48 ans, viennent d’une paroisse défavorisée d’Annemasse (Haute-Savoie). « On est venu chercher la joie, la joie de Jésus ! », s’exclame l’une d’entre elles, Lydvine. « On aime chanter, danser », ajoutent Milka et Norah, les dernières arrivées dans ce groupe, qui forme aussi la chorale paroissiale.

Proches du courant du renouveau charismatique, ils espèrent rencontrer ici d’autres chrétiens et vivre une belle expérience musicale. « On veut louer Dieu pour tous ses bienfaits dans nos vies. Même dans la peine, Dieu est présent », complète Josiane, venue avec son mari, Taro.

Sur les 5 200 personnes accueillies dans ce village de Bourgogne, bien connu des catholiques pour les apparitions de Jésus à Marguerite-Marie Alacoque, au XVIIe siècle, et pour les sessions d’été de la communauté de l’Emmanuel, le festival compte une moitié de chrétiens catholiques, l’autre de réformés dont la plupart sont proches du courant évangélique.

« Il y a aussi 10 % de non-croyants, précise l’équipe d’organisation. Notre but est que tout le monde se sente accueilli, comme il est où il est dans sa relation avec Dieu. Nous mettons un accent particulier sur les familles. » Ces dernières sont particulièrement nombreuses lors de l’événement : elles représentent la moitié des festivaliers. Et pour les plus jeunes, des ateliers sont organisés et installés un peu partout dans le parc (grands jeux gonflables, stand de maquillage…). Sandrine est venue avec ses trois enfants : Seynah, 14 ans, Koenny, 12 ans, et Sileyne, 10 ans.

Originaire de la région parisienne, la famille déclare appartenir au courant réformé. Ces trois jours sont pour elle les seules vacances de l’été. « Nous avons peu de moyens et tout est très cher, explique la mère de famille. L’avantage du festival est que chaque enfant peut y trouver son compte et que c’est abordable. » Pour Seynah, l’aîné, c’est le rap chrétien qui l’intéresse. Tendry, Conozco, KaBe, Kunginho, Gaillard Jules… sont des artistes qu’il écoute quotidiennement. Tous les codes du rap et de la musique urbaine sont respectés. La plus jeune de la fratrie, Sileyne, préfère Morijah, une artiste originaire de Côte d’Ivoire, au style musical proche du gospel et du R’n’B.

La programmation du festival n’échappe pas à la « pop louange », avec Matt Marvane, Antydot, les Guetteurs, le collectif Cieux ouverts, Samuel Olivier. « La variété de la musique proposée permet d’intéresser des publics très larges, insiste Louis-Étienne de Labarthe, directeur du Jesus Festival. Il y a même un groupe de louange celtique (comme Cieltik, ndlr), tout le monde peut trouver un concert à son goût. »

Créer un lieu de communion chrétienne

Si les styles musicaux sont différents, la source d’inspiration est la même : la Bible, les Évangiles, l’amour de Jésus. « Ce qui rassemble ces gens très différents, poursuit Louis-Étienne de Labarthe, c’est leur amour pour Dieu et leur désir de le louer ensemble. » La rencontre entre chrétiens est encouragée durant les trois jours. « Personne ne précise s’il est catholique, réformé, évangélique, baptiste, pentecôtiste… Les différences s’estompent devant la scène. »

Les organisateurs souhaitent témoigner que la musique peut rassembler au-delà des clivages entre les différentes Églises, sans pour autant nier les difficultés. « Cela demande un effort à tout le monde, reconnaît le responsable de l’événement, que ce soit dans l’écoute de l’autre ou même dans le langage pour être compris de tous. » Le choix a été fait de ne célébrer aucun temps de prière commun en dehors de la louange, seule une tente de « prière des frères » a été installée cette année. […]

Le reste du temps, aucun homme ni aucune femme d’Église ne prend la parole et n’est mis en avant. Ce qui est parfois surprenant pour ceux qui ont l’habitude de ce type de sessions. Tous jouent le jeu de bonne grâce. « Nous voulons vraiment réunir le peuple de Dieu qui se tourne vers le Christ avec les pasteurs au milieu de leurs brebis », précise le directeur du festival.

Cette simplicité séduit le public. « On ne se prend pas la tête, on est juste là pour profiter », affirme Noémie, 20 ans, évangélique originaire de Nîmes. La grande liberté laissée aux festivaliers est aussi appréciée. Anaïs est venue avec son mari et leurs trois enfants de 13, 9 et 2 ans. De tradition catholique sans être pratiquants, ils ont entendu parler de cet événement par leur aîné qui a vu une bande-annonce sur les réseaux sociaux.

D’origine sociale modeste, la famille a été attirée par l’offre conséquente de concerts ainsi que la possibilité de laisser voguer les plus grands à leurs activités. « Pour nous, c’est aussi un temps de détente, on dort au camping, on rencontre des gens sympas, on prend les repas ensemble à la cantine, énumère-t-elle. On profite sans réfléchir ! » Anaïs reconnaît « être touchée par l’ambiance fraternelle et spirituelle qui se vit ici ».

« Ce que l’on souhaite, c’est d’abord la rencontre avec le Christ, déclare Louis-Étienne de Labarthe. Et cette rencontre permettra l’union des chrétiens. » Une unité de l’Église universelle à laquelle participants, organisateurs et musiciens croient fermement. « Nous vivons une profonde transformation de l’Église et du monde chrétien avec un désir d’unité et de créativité », analyse des représentants de l’école Pierre, un établissement de communication et de louange chrétienne, présente au Jesus Festival. Pour le groupe protestant lévite Horizon Louange, il s’agit même d’une nécessité : « L’unité des chrétiens est l’avenir de la paix en France, nous devons tous y œuvrer, affirment Nicolas et Makéda. Et pour cela, la musique est un outil formidable. »

Pour sa cinquième édition, prévue en 2026, le Jesus Festival espère continuer de grandir et atteindre encore de nouveaux publics, pour permettre à tous de « goûter à la joie de la louange chrétienne ». Les participants de cet été applaudissent et en redemandent.

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