À mi-parcours, le Jesus Festival vibre de 5 200 voix
Le parc du moulin Liron de Paray-le-Monial accueille ce week-end la quatrième édition du Jesus festival. Plus de 5 000 personnes vont se rassembler pour célébrer la musique chrétienne tout au long des trois jours de fête, du 22 au 24 août. La programmation est d’inspiration religieuse, mais l’évènement est ouvert à toutes et tous.
Anthony Bordes – 23 août 2025 à 07:00 | mis à jour le 24 août 2025 à 15:26
« Un maximum de bruit pour Jésus s’il vous plaît ! », clame l’un des coordinateurs du festival sur la scène devant une foule en communion, quelques minutes avant la première prestation du week-end, ce vendredi, à Paray-le-Monial. Cette phrase, on ne l’entend pas dans beaucoup d’autres concerts, mais ici, au parc du Moulin Liron, c’est la quatrième édition du Jesus festival qui bat son plein sous un grand soleil. 5 100 festivaliers sont venus faire la fête et profiter de concerts « avec la foi et pour le Seigneur ».
Première artiste à monter sur scène, la musicienne folk Claire Bouchadeill, invite le public : « Élevez la voix, chantez ensemble et bénissez le Seigneur en toutes ses œuvres. » De nombreux « Amen » s’élèvent de la foule et donnent la couleur.
Ce festival est né d’une idée simple : faire découvrir la musique chrétienne à n’importe qui et créer un lieu de communion entre croyants. Louis-Étienne de Labarthe, le directeur du festival, raconte : « La création de Jesus festival part d’une amitié entre chrétiens évangéliques. On s’est demandé comment réunir notre foi, et le festival est né. »
Un public venu de toute la France
Les trois amis du départ ont développé leur idée pour former une association (l’Afac, association pour le festival artistique chrétien) aujourd’hui composée de 350 bénévoles.
Les festivaliers, eux, viennent des quatre coins de la France. Ils ont tous deux centres d’intérêt communs : la musique et la foi. Véronique, habituée, vient depuis la première édition. Croyante, elle est presque faite pour ce festival : « Chaque année, lorsque j’y vais, j’ai l’impression de rentrer à la maison. Lier la musique et Dieu, c’est une idée géniale. »
Tous les styles de musiques
Brian et Salomé, un jeune couple venu de Marseille, pensent que l’expérience dépasse le festival classique : « C’est un lieu où on peut parler à tout le monde, même aux artistes. C’est aussi très plaisant de rencontrer d’autres personnes partageant la même foi que nous ».
« Ici, on peut rencontrer d’autres personnes partageant. la même foi que nous »
Brian et Salomé, festivaliers venus de Marseille
Et quel style de musique est préconisé au Jesus festival ? La programmation est assez éclectique sur ce point : rap, rock, reggae, folk, des artistes aux styles variés sont présents sur les trois jours. Un seul critère et point commun, selon Louis-Étienne de Labarthe : « Leur foi. Ce sont tous des artistes croyants, parlant de leur foi dans leurs textes ou en chanson. »
Ce qui va même jusqu’à dépasser les frontières : « Cette année, nous accueillons un groupe américano-irlandais et une chanteuse ivoirienne en plus des artistes français. »
Un principe : « On veut rassembler les gens pour qu’ils se sentent bien ensemble, même lorsqu’ils ne se connaissent pas. On voit les tensions sociales du moment, et notre festival aspire à se connecter à l’autre. »
Une belle philosophie qui semble fonctionner, puisque le Jesus Festival accueille plus de 5 000 personnes pour la deuxième année d’affilée.
« 90 % de nos recettes proviennent de la billetterie »
Louis-Étienne de Labarthe, directeur du festival
Parlez-nous de l’organisation du festival. Il n’y a que des bénévoles ?
« Tout à fait ! L’association organisatrice est entièrement composée de bénévoles, plus de 350 ! Le chiffre augmente d’année en année et tous les âges, milieux sociaux, religions sont représentés. Avec eux, quelques professionnels s’occupent des scènes et de la prise son. Au niveau de l’organisation, nous avons aussi quelques partenariats comme la plateforme TopChrétien qui diffuse nos contenus. »
Comment est financé le Jesus festival ?
« Nous ne sommes pas subventionnés comme peuvent l’être les autres festivals. Nous sommes donc couverts à plus de 90 % par notre billetterie. Ce sont nos festivaliers qui font que nous existons encore aujourd’hui, il y a donc un vrai engouement autour de nous comme on enregistre plus de 5 000 personnes depuis deux ans. Le reste du financement provient de la vente de “goodies” et d’autres produits comme la buvette. »
Quelle est l’ambition pour les années à venir ?
« On s’inspire beaucoup du grand festival “Big Church day out” (en Angleterre), qui rassemble plus de 25 000 personnes chaque année. Nous sommes en lien avec eux, et on partage aussi beaucoup d’artistes. L’ambition serait peut-être d’aller aussi loin qu’eux l’ont fait, mais le monde anglo-saxon est différent et il est plus ouvert sur la musique chrétienne. Si on peut atteindre 10 000 festivaliers d’ici quelques années, ce serait déjà très bien ! »
RST, rappeur gospel : « La musique est un partage »
« Acceptez Dieu dans votre cœur ! », lance le jeune rappeur à son public avant de commencer sa prestation. RST, de son vrai nom Tom Pillet, n’a pris le micro que pour une chose : « Rendre gloire à Dieu, car je ne serais rien sans lui. » Son nom de scène provient justement de ce lien puissant avec ses croyances : « À la base, RST veut dire “rasta” car j’ai des “locks”, et j’ai beaucoup bu et fumé. Un jour, ma mère m’a demandé de changer le sens pour “Rien sans toi” ou “Ressuscité”. C’est une manière de dire que sans Dieu, je ne serais nulle part. »
Venir au Jesus festival était comme le destin pour lui : se produisant pour la deuxième fois sur scène, il voit ce moment comme un partage particulier entre lui et son public. À plusieurs reprises, il descendra de scène pour chanter en communion et donner la parole à ses fans.
« La musique est un partage et le rap, c’est une musique qui rassemble, en vérité. C’est une forme de poésie rythmée qui se marie bien avec la foi que je veux passer. Je cherche à transmettre la volonté de se rapprocher de Jesus dans mes morceaux. »
Sa musique reste ouverte à tout le monde, mais très portée sur sa foi : « Certains morceaux sont interprétés pour ceux qui ne croient pas en Dieu, pour donner mon point de vue de croyant. »
Claire Bouchadeill, chanteuse : « J’écris le plus souvent dans mes temps de prière »
« Imaginez vous au bord d’une source d’eau. Soyez apaisés, c’est comme ça que je veux que vous viviez ma musique », demande Claire Bouchadeill à son public, au démarrage de son concert au Jesus festival. La chanteuse propose une musique folk avec un univers acoustique, ou l’on trouve guitares et violons. Pour le fond, elle voit sa musique comme un message d’espérance, qui met l’accent sur « la lumière de Dieu : j’écris surtout pendant mes temps de prière. La plupart des paroles sont inspirées de la foi, de la parole de Dieu elle-même ». C’est à l’âge de 19 ans qu’elle se convertit et qu’elle démarre la musique sérieusement, alors qu’elle a commencé à l’âge de sept ans.
Claire Bouchadeill a déjà eu l’opportunité d’enregistrer deux albums. Sentinelle en 2021 et Le Roi vient en 2024. Pas de troisième disque prévu pour le moment : « Peut-être que le Seigneur me guidera vers un troisième album », sourit-elle.